Jonathan, tu es arrivé au FC Annecy dans les dernières heures du mercato. Comment les premiers contacts se sont-ils noués et qu’est-ce qui t’a convaincu de rejoindre le projet annécien ? J.DM : " Ça s’est fait dans les derniers jours. Je savais qu’il y avait des discussions. J’ai parlé avec le coach et le directeur sportif du projet et ça m’a bien plu. Notamment l’ambition du club, puisque le but, c’est de faire mieux que les 56 points de la saison dernière. Ce que je cherchais, c’était de jouer le haut de tableau en Ligue 2 pour continuer à progresser. Adrien Thomasson m’a aussi un peu parlé du club et de la ville, notamment de la manière de jouer et du côté humain. C’est un très beau challenge pour moi dans ma carrière et j’espère m’inscire dans le temps ici. "
Quelques jours seulement après ton arrivée, tu disputes tes premières minutes sous le maillot du FC Annecy lors du derby des Alpes à Grenoble, avec une victoire décrochée dans les dernières secondes (1-2). Comment as-tu vécu cette première apparition et un scénario aussi particulier pour tes débuts avec le club ? J.DM : " Il n’y a pas mieux qu’une victoire pour commencer, surtout dans les derniers instants du match. Ça démontre la mentalité de l’équipe. J’ai joué 30 minutes, je me suis bien senti, concerné et aidé par mes coéquipiers, notamment pour prendre mes repères. J’ai senti que c’était une équipe habituée à jouer ensemble. Je me suis mis au diapason pour tout donner. "
Une semaine plus tard, tu connais ta première titularisation avec le FC Annecy au Roudourou face à Guingamp. Entre le National que tu as connu la saison dernière et ces premières minutes en Ligue 2, quelles différences as-tu déjà ressenties ? J.DM : " Les joueurs sont plus forts techniquement. Le jeu va plus vite aussi et les duels sont plus durs. La vraie différence, c’est surtout la technique. Les joueurs peuvent trouver la bonne passe au bon moment, les centres sont très souvent parfaits, donc il faut être prêt à défendre à tout moment. "
Voir cette publication sur Instagram
Tu as grandi dans une famille où le football occupe une place importante. Comment cette passion t’est-elle venue et quel a été ton parcours jusqu’à ton arrivée au Stade Rennais ? J.DM : " On ne m’a jamais forcé à jouer au foot. C’est devenu ma passion en voyant ma famille jouer. J’ai commencé à 5 ans à Laval, avant de me faire repérer par le Stade Rennais en U12, lors d’un tournoi. J’y suis ensuite resté jusqu’à la saison dernière, notamment aux côtés de mon cousin Henrick, qui est encore là-bas. "
Le football est une véritable histoire de famille chez les Do Marcolino. Est-ce une force d’avoir grandi dans cet environnement et quelle place occupent aujourd’hui les échanges avec ta famille dans ton parcours ? J.DM : " C’est forcément une force. On a un grand frère qui a vécu des moments difficiles et qui sait donc comment nous parler. Même au niveau familial, il nous transmet son expérience. C’est une vraie chance de grandir dans une famille comme ça. On parle beaucoup de foot (rires). À moi d’en profiter. On s’appelle après les matchs, on regarde les matchs de chacun dès qu’on peut et on se fait souvent des débriefs le dimanche soir. "
À seulement 18 ans, tu t’installes avec la réserve en National 3 et tu en deviens le capitaine. Comment expliques-tu ce rôle de leader que Rennes t’a confié aussi jeune ? Est-ce quelque chose de naturel chez toi ? J.DM : " Ce rôle, je l’ai toujours eu. Même chez les jeunes, je me devais de l’avoir. Les défenseurs centraux doivent énormément parler parce qu’ils voient tout le jeu. J’ai toujours envie d’aider mes partenaires et, petit à petit, j’ai aussi commencé à prendre davantage la parole dans le vestiaire. Je pense que ça a fait pencher la balance. Même avant d’avoir le brassard, je prenais déjà ce rôle, donc je me devais ensuite de l’assumer en tant que capitaine. "
Voir cette publication sur Instagram
Quelques jours seulement après la signature de ton premier contrat professionnel, tu es prêté à Bourg-en-Bresse en National. Tu quittes pour la première fois le cocon rennais et termines cette expérience avec une vingtaine de rencontres, une lutte pour le maintien et même un but décisif lors de la dernière journée. Qu’est-ce que cette première vraie saison dans le football senior t’a apporté ? J.DM : " Partir de Rennes pour découvrir le monde senior, c’était la meilleure chose à faire. Cette saison m’a énormément appris. Pour la première fois de ma vie, j’ai joué le maintien et j’ai appris à ne pas gagner tous les week-ends. Comprendre ça et se dire que la saison va être difficile, ça fait beaucoup travailler mentalement. On comprend que le foot, ce n’est pas que des victoires. Individuellement, j’ai aussi énormément progressé parce que j’ai grimpé de deux divisions par rapport à la réserve de Rennes. J’ai beaucoup appris dans les duels et dans la réflexion sur le terrain. On avait une équipe qui cherchait vraiment à ressortir les ballons court, donc ça m’a aussi permis d’apprendre à jouer encore plus rapidement sous le pressing. Je n’oublierai pas cette année. "
Et il y a ce premier but en senior face à Valenciennes, qui prend une saveur particulière dans cette lutte pour le maintien… J.DM : " Oui ! On m’avait pas mal chambré dans l’année en me demandant : « Tu marques quand ? » Et au dernier match, le ballon arrive parfaitement et je mets la tête. Sur le moment, je pensais que ce but nous maintenait. On regardait aussi le résultat de Châteauroux face à Sochaux et je pensais que Sochaux allait gagner puisqu’ils jouaient la montée. Mais après notre but, j’ai appris que Châteauroux menait et ils ont finalement gagné. La semaine suivante, on était exempts et Châteauroux a fait match nul lors de son dernier match, ce qui nous a finalement permis de nous maintenir. C’était forcément un moment particulier. "
Voir cette publication sur Instagram
Après avoir représenté la France chez les jeunes, tu as choisi de porter les couleurs du Gabon. Qu’est-ce que ça représente pour toi d’être international ? C’est une vraie fierté de jouer pour un pays. Tout le monde attend des résultats, donc il y a forcément de la pression, mais il faut aussi savoir profiter de ces moments. J’ai la chance de jouer avec des joueurs qui ont énormément d’expérience, comme Pierre-Emerick Aubameyang ou Mario Lemina. Forcément, évoluer à leurs côtés permet aussi d’apprendre beaucoup.
Et tu découvres très rapidement une grande compétition internationale avec la CAN, avec une entrée en jeu face à la Côte d’Ivoire. Dans un tel contexte, as-tu seulement le temps de réaliser ce qui est en train de t’arriver ? Franchement, non, pas du tout (rires). Il fallait se mettre au diapason directement. Je n’ai pas vraiment eu le temps de savourer parce que, quand je suis entré, on menait 2-1 et finalement, on a perdu 3-2. J’étais surtout déçu du résultat, donc je n’ai pas forcément pu apprécier le moment comme je l’aurais voulu, même si ça restera forcément particulier pour moi.
En dehors du football, qui est Jonathan Do Marcolino ? Comment occupes-tu ton temps libre et qu’est-ce qui te permet de couper du quotidien d’un joueur professionnel ? Je joue beaucoup à FIFA. J’aime bien jouer au ping-pong aussi, c’est un sport que j’apprécie. Je ne suis pas le meilleur, mais ça va, je me débrouille (rires). Et puis, je regarde énormément de foot. Que ce soit la Ligue 1, la Ligue 2, le National ou les championnats étrangers, je passe beaucoup de temps à regarder des matchs le week-end. Je suis notamment beaucoup la Premier League.
Et pourquoi avoir choisi le numéro 26 à ton arrivée ? Il n’y avait pas énormément de choix (rires), mais mon père est né un 26 novembre, donc je me suis dit : « Pourquoi pas ? »
Enfin, qu’aimerais-tu que les supporters du FC Annecy découvrent de Jonathan Do Marcolino, sur le terrain comme en dehors, au fil de la saison ? Ils vont découvrir un jeune défenseur qui va tout donner pour le club. Comme je l’ai déjà dit, j’espère m’inscrire dans la durée ici. J’espère qu’on fera une très grande saison et qu’on donnera du plaisir aux supporters, à domicile comme à l’extérieur. Et en dehors du terrain, je suis quelqu’un d’ouvert et de proche des supporters.