Arrivé au FC Annecy l’été dernier pour signer son premier contrat professionnel, Paul Venot découvre progressivement les exigences de la Ligue 2. Formé au Blois Foot 41 et passé par Angoulême en National 2, le milieu de terrain revient sur son parcours, son intégration au club et ses ambitions sous les couleurs annéciennes.
Petit, avais-tu des idoles ou des joueurs qui t’inspiraient ? P.V : « Très jeune, c'était Cristiano Ronaldo parce que j'étais impressionné par sa capacité à travailler. Mes parents m'ont toujours dit que pour réussir, il fallait travailler plus que les autres. Petit, je jouais seul dans mon jardin, je perfectionnais mes jongles, mes gestes… Ça a commencé parce que je m'inspirais de lui. Quand j'ai grandi, c'était plus Paul Pogba, qui a un profil assez similaire au mien, assez grand. J'aime bien sa technique, sa capacité à casser des lignes par la passe, les dribbles. C'est un joueur complet et un peu fantasque. J'adore ce genre de joueur. »
Parle-nous de ton parcours scolaire. P.V : « J'ai fait un bac ES, puis j'ai commencé une première année de STAPS que je n'ai pas terminée. Ensuite, je me suis réorienté vers un DEUST Agent de développement de club sportif (ADECS), à côté de Lyon. Je faisais ça en semi-distanciel depuis Blois, je devais y aller une fois par mois. C'est un diplôme équivalent bac +2 qui me permet d’avoir un bagage en plus du foot, puisqu’à la base j’étais dans le monde amateur, qui est assez précaire. Je ne voulais pas ne rien avoir à côté. Je ne m’empêche pas de reprendre. »
Tu as donc débuté le football à Fossé Marolles avant de rejoindre Blois, où tu as gravi tous les échelons chez les jeunes jusqu’à l’équipe première. Parle-nous de cette expérience. P.V : « Je suis arrivé au Blois Foot 41 à 10 ans parce que mes parents m'ont dit que si je voulais vraiment faire du foot, il fallait intégrer un club un peu plus huppé, avec des horaires aménagés à l’école pour pouvoir jouer tout le temps. Le Blois Foot, c’est un peu mon club, c’est là-bas que j’ai grandi. J’ai connu toutes les catégories, j’ai eu de très bons entraîneurs qui m’ont donné le goût du football. Le club est réputé pour sa formation et ça m’a aussi permis d’intégrer le pôle espoirs de Châteauroux en U13. Après le pôle, je suis resté au club. J’ai commencé avec l’équipe 3 en district, on est monté en R3, puis j’ai joué avec l’équipe R1 avant de rejoindre et de m’imposer avec l’équipe fanion en National 2. »
🆕✍️ #Mercato ⎥𝐁𝐢𝐞𝐧𝐯𝐞𝐧𝐮𝐞 𝐚̀ 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐕𝐞𝐧𝐨𝐭 !💫
— FC Annecy (@FCAnnecy) May 23, 2025
🎂23 ans
📍Milieu de terrain
👣1m94
✈️Angoulême (N2)
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Tu es donc passé par le pôle espoirs où tu as rencontré Mattéo Veillon. Parle-nous de ton passage là-bas. P.V : « J'ai vraiment appris la rigueur du football. Tous les jours, on s'entraînait. C'était axé sur la performance et la progression. Je trouvais ça “militaire” : on n’avait le droit qu’à une heure de téléphone le soir pour appeler nos familles. Le directeur du pôle était très sévère, mais il m'a permis de me forger en tant que personne, ça m’a apporté des valeurs. Être aussi loin de ma famille n’était pas facile et ça m’a permis de devenir un homme tôt, de prendre des responsabilités et de perfectionner mon football. »
Vous vous connaissez depuis longtemps avec Mattéo, parle-nous de cette relation. P.V : « Il est arrivé au pôle une année après moi, mais comme il avait sauté une classe, on était ensemble en troisième. On s'entraînait souvent ensemble, on a passé le brevet ensemble. On a passé l’essai au club en même temps l’an passé et on a signé quasiment en même temps nos premiers contrats professionnels. On n’avait pas forcément gardé contact, mais se retrouver ici, ça m’a fait plaisir. »
À quel moment as-tu commencé à croire en une carrière professionnelle ? P.V : « Je n'ai jamais abandonné ce rêve-là, ça a toujours été mon objectif de devenir professionnel. Dans un coin de ma tête, j’y pensais, puisque sans rêve on n’avance pas. En jouant jeune en N2, je voyais certains joueurs rejoindre le monde professionnel et j’avais cet objectif de travailler pour y arriver. »
Tu es passé de Blois à Angoulême, toujours en N2. Parle-nous de cette saison. P.V : « J'avais besoin de voir autre chose et de me challenger. Je suis tombé dans un super groupe, on faisait tout ensemble et c'est ça qui m'a permis d'être à l'aise sur le terrain. On a quand même joué en Coupe de France deux fois contre des équipes de Ligue 2, au 7ᵉ et au 8ᵉ tour. J'ai marqué contre Rodez et c'est un de mes plus beaux souvenirs en match, cette victoire ! Au tour suivant, au bout de cinq minutes, je marque contre Clermont, mais malheureusement on n’est pas passés. On a fait une superbe saison dans la poule Sud, qui était très relevée. »
Cette saison marque un vrai tournant puisque tu signes ton premier contrat pro ici à Annecy. Tu t'y attendais ? P.V : « Franchement non, ça s’est fait super vite. Après un match contre Jura Sud, j’ai reçu un appel de mes agents qui m’ont dit que le club voulait me voir à l’essai dès le lundi. J’ai dû prendre un billet d’avion pour faire Bordeaux-Genève et, le lendemain, j’ai fait l’essai jusqu’au mercredi. Le staff m’a directement dit qu’il voulait me faire signer. J’ai tout de suite dit oui, c’était mon rêve qui se réalisait. Un club qui fait confiance aux joueurs qui viennent d’en dessous, avec des valeurs familiales, c’était le choix idéal. Tout le monde m’a bien intégré. »
Comment juges-tu, pour le moment, ta première saison en Ligue 2 ? P.V : « J'ai eu besoin d'un temps d'adaptation, notamment avec la charge d'entraînement qui changeait. La préparation était dure et j’ai eu des gênes physiques avec la pubalgie que j’ai eue en début de saison. Je commence à me sentir bien et à gérer cette douleur. J'ai tranquillement pris mes marques. J’ai joué mes premières minutes dès la première journée, j’ai enchaîné les entrées puis les titularisations en jouant à différents postes pour prendre de l’expérience et m’adapter aux exigences de la Ligue 2. J’ai fait un bon match à mon poste contre Saint-Étienne, où je me suis épanoui. Je me sens bien et j’essaie de progresser en prenant les conseils d’Ahmed Kashi. Je prends beaucoup exemple sur lui. »
Avec près de 1200 minutes disputées en Ligue 2, 22 apparitions toutes compétitions confondues et 15 titularisations cette saison, tu prends rapidement du temps de jeu. T’attendais-tu à jouer autant pour ta première année chez les professionnels ? P.V : « Je voulais surtout voir comment allait se passer le début de saison. Si on m'avait dit en signant ici que je jouerais autant à ce moment-là de la saison, j'aurais signé direct. Je prends ce qu'il y a à prendre, je veux jouer le plus possible. »
Qu’est-ce qui t’a le plus marqué au niveau des différences entre la N2 et la Ligue 2 ? P.V : « C’est surtout les installations, tout ce qu’il y a pour performer. D’abord, on a des outils pour récupérer, travailler, un staff conséquent avec deux kinés à plein temps, un médecin… Et sur le terrain, tout est plus dur. Ça va plus vite, il y a plus de physique, plus d’intensité, les erreurs se paient cash. »
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Ton duo avec Ahmed fonctionne vraiment bien, parle-nous de cette association. P.V : « Je me sens bien à ses côtés parce que c’est un guide sur le terrain. Il nous guide dans ce qu’on doit faire grâce à son expérience. On prend exemple sur lui, on ne peut qu’être performants à côté de lui en enchaînant les matchs et les minutes pour progresser. »
Ton match référence pour le moment, c'est la victoire ici contre Clermont, où on t'a vu vraiment impactant au milieu de terrain. Parle-nous de ce match. P.V : « On était tous bien en place et ça m'a permis d'être bien positionné, de récupérer pas mal de ballons et de me sentir en confiance. Je pense que c'est dû à mon positionnement, où j’ai joué simple en faisant ce que le coach me demandait. L’élection de joueur du match par les supporters m’a fait plaisir, c’est gratifiant. »
Quels sont tes objectifs en carrière ? P.V : « Je n'ai pas de limite. Mon objectif de vie, c’était d’être pro et maintenant que c’est réussi, je veux jouer le plus haut possible tout en m’épanouissant. Je le fais à Annecy et c’est très bien. J’ai toujours aimé la Premier League et la Ligue des Champions, ce sont des rêves et, petit à petit, on verra ce qui est possible. »
Quelles sont tes passions dans la vie ? P.V : « Pas très original, mais c’est FIFA. J’y joue énormément depuis tout petit. Avoir sa carte dans FIFA, c’était un rêve aussi. Je joue beaucoup à FUT, en club pro, et j’ai pris ma carte que j’ai fait évoluer (rires). »